Anthologie de nouvelles
Collections Quêtes et Présages
Editions Sombres Rets, en collaboration avec Outre Mondes
Octobre 2009
Et voilà, je l'ai (enfin) terminée. Et je dois dire que je suis absolument ravie de mes lectures. Les textes sont
intéressants et prenants. Les éditeurs ont plus que fait leur boulot. Je les connaissais pour leurs activités amateur sur Outre Mondes. Je dois dire qu'ils ont parfaitement réussi leur
virage professionnel avec les Editions Sombres Rets. Cette anthologie ouvre donc parfaitement la collection "Quêtes et Présages". Je leur souhaite une longue et belle réussite pour la suite de
leurs projets. Je serai là pour les soutenir.
Pourquoi j'encense particulièrement cette anthologie ? En dehors de la qualité des textes, que je détaillerai
ci-après, les éditeurs nous gratifient de plusieurs adendo très importants (pour moi en tous cas) :
- La préface de Cyril Carau nous explique la démarche qu'ils ont suivi en
relation avec l'étude de leur thématique.
- Le regroupement des textes en catégories de traitements diférents de la thématique montre bien qu'au-delà de la
sélection d'un texte, ils en ont fait l'analyse. Je ne sais pas si la répartition par catégorie était un critère de sélection pour le comité de lecture, mais le boulot qu'il y a derrière doit
être phénoménal.
- L'illustration de chaque nouvelle est avant tout un choix d'édition. Mais je ne peux m'empêcher de les remercier
qu'ils l'aient fait. Je ne regrette absolument pas d'avoir acheté mon volume un peu plus cher pour cette raison. Cela en vaut vraiment la peine. De plus, l'illustration permet d'ouvrir une
fenêtre sur la perception qu'un autre se fait du texte. C'est toujours intéressant.
- Et pour terminer, les courtes présentations des auteurs et illustrateurs sont un réel bonus. Quand on est
enthousiasmé par une oeuvre en particulier, c'est très pratique d'avoir des infos sous la main. Libre à nous d'aller suivre les liens après ...
Partie 1 : A n’importe quel prix…
Le principe de la Mandragore - Richard Maurel (illustration
: Guillaume Tiret)
Dans un univers qui pourrait être le nôtre, des magiciens se livrent à des guerres de pouvoir. Si l'intrigue est
bien menée jusqu'à son terme, je regrette de n'avoir eu aucun indice sur la construction du piège. La chute, bien quelle soit très réussie, n'est pas assez expliquée à mon goût de petite
curieuse.
Histoire croisée de l'implication de l'utilisation d'un pouvoir pur par un être corrompu et de la recherche de
l'être Elu. Si les thèmes sont classiques, le récit est très bien mené. Mon bémol à moi serait que je le destine plus à un public de jeunes. La morale telle que nous la connaissons dans nos
société est trop bien mise en avant, trop convenue.
Aahhh, les progrès de la science et de l'industrie pharmaceutique. C'est toujours intéressant de voir les dérives
possibles. Mais quand en plus, on y ajoute l'exploitation par les victimes, ça c'est de la dérive sociétale. Superbe texte, très fort en dérision cynique !
Une enquête menée par un dictateur acariâtre. Un brin de cynisme dans un monde de brutes. Et le tour est joué. Un
texte alléchant et bien mené. Une vision des réflexions des grands de nos mondes ...
Partie 2 : cet allié qui vous trahit…
De superbes sensations, un vertige d'appréciations. Ce texte est magnifique de descriptions de perceptions de
l'environnement. Le récit des revers de l'exploitation de la pauvre victime devient presque secondaire. Très beau texte.
Une très bonne critique d'extremismes politique à triple tiroir. Une approche, à la fois candide et pédagogique,
mais pas du tout pour les enfants. A prendre au 2ème degré.
Une vision de ce pourrait être le quotidien de super héros. Comment vivent-ils leurs pouvoirs quand ceux-ci ne
sont pas exploités à leur juste valeur ? Un texte qui laisse un goût de dépit et de tristesse dans le coeur. Il ne laisse pas indifférent.
C'est ma claque de l'anthologie. Le récit d'un chef qui tente de sauver son peuple. Une histoire qui prend aux
tripes, qui remue. Une écriture captivante. A lire absolument (si possible avant de manger ; j'ai hésité à le classer dans la catégorie horreur).
Partie 3 : besoin vital et transcendance…
Un texte tout en esthétique de l'innocence. La fin est un peu téléphonée, mais la plume reste jolie. Prête à tout
pour faire revenir sa Déesse absente ...
Une lutte d'influence revisitée (mot le plus employé dans le PAF en ce moment) dans la géopolitique
européenne fin XIXème début XXème. Un texte très agréable à lire, même si je n'ai pas été surprise par l'intrigue. Quand les hommes de pouvoir s'associent aux puissances ...
La Mission - François Manson (illustration : Annick DC)
Et si les extrémistes avaient simplement soif d'absolu, besoin du soutien de leur foi. Peut importe le support
alors ... C'est l'ouverture sur tous les revers. Un texte à l'imaginaire sensuel, qui nous donne une lecture très divertissante.
J'ai passé la moitié de ma lecture à vouloir argumenter contre l'auteur. Ce texte aura eu le mérite de me faire
réagir. Il est délibérément orienté (je ne sais pas si je dois dire politiquement ou écologiquement). Mais loin de sa référence darwinienne affichée, il prône un rejet de l'évolution. Il affiche
un cynisme et un désespoir tels que la prise de conscience d'une situation (pourtant connue) lui fait accepter des solutions venues d'ailleurs. Bizarre pour une personne habituée à réfléchir sur
le cas des autres. Disons que je n'ai pas vraiment été emballée.
Partie 4 : des visages de l’absolu…
D’un claquement de doigts - Thibault Scohier (illustration : Elie
Darco)
Une puissance maléfique à laquelle rien ne peut s'opposer. Un pouvoir qu'aucune influence ne peut atteindre, que
rien ne peut toucher. Ca fait froid dans le dos, hein ! Priez pour que celà n'arrive jamais ! Une vision de l'apocalypse (avec juste un homme à pied).
Les corps désirants : l’épreuve 13 - Antoine Coppola
(illustration : Alain Mathiot)
Est-ce parce qu'on a le pouvoir qu'il est nécessaire, utile ou intéressant de l'utiliser ? Un texte sombre dans le
plus pur style fantastique. Il y manque peut-être un brin de contexte.
Ici, c'est la réaction du commun des mortels, de la société, qui est étudiée. Est-il possible ou facile d'accepter
l'existence ou la cohabitation avec un pouvoir, fusse-t-il on ne peut plus bénéfique et employé à bon escient ? Une vision cynique et manichéenne, certes, mais emprunte d'un fond de vérité très
réaliste. C'est la première partie du texte qui est la plus fantasque à mon sens. Un tel comportement est-il crédible de la part d'un homme, simplement un homme ?
Un très bon texte qui nous pousse à réfléchir à la fois sur l'emploi que les plus purs souhaitent faire du
pouvoir, mais également la hirérarchie des intérêts des puissants. Le tout est inscrit dans une trame très ludique où on attend chaque paragraphe avec impatience.
Vos pensées